1892 - Stade français vs Rosslyn Park

mercredi 27 mai 2020 par Jean-Luc

Forum de discussion en bas de page.

Le premier match international de Rugby en France le lundi de Pâques 18 avril 1892 au Coursing Club de Levallois entre le Stade Français et le Rosslyn Park FC, un bon club londonien.
Un événement conclu grâce aux relations de Courtney Heywood, joueur anglais du S.F., et organisé par Pierre de Coubertin, secrétaire de l’USFSA.

Extrait de « La fabuleuse histoire du rugby » par Henri Garcia.

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« La fabuleuse histoire du rugby »
par Henri Garcia
éd. de La Martinière.

Alors que l’équipe anglaise est composée de joueurs qui sont âgés de 22 à 30 ans, le Stade Français est très jeune avec des équipiers de 17 à 20 ans. Aussitôt, cette différence de maturité s’exprime sur le terrain. Les Français découvrent un véritable jeu collectif. Les Anglais déploient des combinaisons qui surprennent, montrant des facettes du jeu insoupçonnées. Et dans Les Sports Athlétiques, sous la signature de Pierre le Vieux, qui est probablement une simple plaisanterie de Pierre de Coubertin, on lira cette appréciation sur le jeu Anglais :
« Les mêlées sont bien organisées. Absolument sûrs de leurs avants, ils ne conservent à certains moments qu’un arrière, et toutes leurs forces se concentrent sur le point de mêlée parallèle à la ligne de but. Quand l’effort ne réussit pas et ne lui fait pas gagner de terrain, on est tout étonné de voir non pas trois trois-quarts, mais bien cinq sur la ligne de mêlée.
« La mêlée s’ouvre par-derrière, un des joueurs pousse avec son pied le ballon en arrière et, par trois fois, nous avons vu l’essai se gagner de la même façon, par un jeu de passer-ballon que nous ne soupçonnions pas, même après avoir vu jouer les frères Candamo au R.C. Le ballon, avec les cinq joueurs dont l’équipe dispose à cet effet, arrive fatalement entre les mains de celui qui a le plus de chance de passer, l’équipe ennemie n’ayant pu, sortant à peine de la mêlée, disposer à temps des joueurs sur la ligne de mêlée où les Anglais avaient au préalable disposé cinq des leurs. Je m’appuie autant que possible sur la description de ces passer-ballon admirables ; j’ai vu deux fois le ballon brûler la politesse à un des joueurs en ligne et arriver à celui qui venait après lui, le lanceur ayant sans doute trouvé que son voisin n’était pas en position de passer [1]. »

À la mi-temps, alors que la musique militaire joue quelques refrain d’opéra, des amis félicitent les Français pour leur belle défense. Mais comme il apparaîtra encore plus nettement en seconde mi-temps, ceux-ci se montrent individualistes, forment mal les mêlées, ne savent pas faire sortir la balle en la talonnant. Les trois-quarts sont très rapides, mais ils ont trop tendance à taper dans le ballon, alors qu’il roule encore, au lieu de le ramasser avant de botter. Malgré le terrain rendu glissant par la neige fondue, Rosslyn Park, qui a réussi un essai et un tenu en but, domine alors très nettement et finira par l’emporter par 12 à 0, avec cinq essais dont deux transformés, un but sur coup de pied tombé, que les Anglais appellent drop goal, et un tenu. Mais c’est le décompte français : avec la cotation anglaise la victoire de Rosslyn Park serait de 21 à 0 [2].


Le Temps - 23 avril 1892

Le premier match international de « foot-ball »

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Le Temps - 20-04-1892

L’équipe du Rosslyn park, de Londres, a prouvé hier qu’elle n’avait point usurpé sa réputation. Le souvenir de sa lutte avec le Stade français demeurera dans l’esprit de tous ceux qui ont assisté à cette joute, comme un bel exemple de discipline, de force et de précision.
Comme nous l’avons annoncé, la partie a commencé à trois heures et demie au Coursing-Club de Levallois, en présence d’une brillante et nombreuse assistance. L’ambassadeur d’Angleterre et lady Dufferin étaient arrivés à trois heures un quart en compagnie de M. Austin Lee, secrétaire de l’ambassade. A leur entrée dans les tribunes, la musique du 117° régiment, qui prêtait son concours à cette solennité, a fait entendre l’hymne anglais. On remarquait dans l’assistance MM. Morel, inspecteur général de l’instruction publique, Gidel, proviseur du lycée Louis-le-Grand ; et les présidents du match, MM. C. Heywood et le baron Pierre de Coubertin.
La température était d’ailleurs absolument inclémente. La neige tombait en abondance et la pelouse, tout à fait détrempée, était très glissante.
Dès le signal donné par l’arbitre, M. de Saint-Clair, les spectateurs purent constater les belles qualités de l’équipe du Rosslyn park. Développée dans un ordre parfait, elle porta de suite le ballon fort avant dans la direction du camp ennemi. Attaquée avec énergie, l’équipe du Stade français résista de son mieux. Mais non seulement elle n’avait pas l’admirable discipline de son adversaire, elle était, en outre, au point de vue du « poids », dans une infériorité complète. En effet, les quinze joueurs du Rosslyn park sont d’énormes et vigoureux gaillards, si robustes même que, l’un d’eux, parfois, chargé du ballon, continuait de courir bien qu’il eût deux ou trois stadistes accrochés autour de son cou. Ces derniers ne se laissèrent point décourager, toutefois.

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Le Monde illustré - 23-04-1892

Quoique musculairement plus faibles, ils luttèrent avec la plus louable ténacité. Et il faut reconnaître que ce n’était pas là un mérite médiocre, lorsqu’il s’agissait d’arrêter un de ces robustes adversaires, lancé avec toute la vitesse de ses longues jambes et avec toute l’énergie de son poids.
Un match de foot-ball se joue, on le sait, en deux parties de quarante minutes chacune. Dans la première partie, l’équipe du Rosslyn park ne gagna que cinq points. Dans la seconde partie, le Stade français, quelque peu désorganisé, laissa son adversaire gagner le chiffre considérable de dix-sept -points. Une seule fois, un stadiste, M. Amand, réussit, aux applaudissements de la foule, à porter le ballon presque jusqu’au camp du Rosslyn park, mais sans parvenir à donner un point à son équipe.
A cinq heures, le match se terminait par une victoire complète du Rosslyn park. D’unanimes bravos et des hourras accueillirent l’équipe triomphante. Quant au Stade français, il a été, lui aussi, sincèrement félicité pour sa belle tenue. Ses adversaires eux-mêmes lui ont rendu hommage, le soir, dans un banquet qui réunissait à l’hôtel Terminus les deux équipes.


La Revue des Sports - 23 avril 1892

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La Revue des sports - 23-04-1892
p. 289

QUELQUES CONSEILS
Le match international a été pour les équipiers français une bonne leçon ; ils ont pu se rendre compte de l’excellence du jeu anglais, qui bien qu’individuellement peu supérieur au nôtre est incomparable dans l’ensemble par cela même qu’il n’est pas un jeu égoïste.
Il ne suffit pas pour tirer profit de ce match de voir en quoi consiste le bien-jouer de nos adversaires, il faut aussi que nous puissions nous rendre compte de nos fautes, afin de nous en corriger.
Nous avons pensé que le meilleur moyen était encore de demander à nos adversaires ce qu’ils pensaient de notre jeu.

INTERVIEW AVEC FIGGIS
C’est d’abord à M. Figgis capitaine du Team anglais que nous nous sommes adressés.
« J’attribue la facile victoire du Team anglais, nous a-t-il dit, à ce qu’il a montré une grande supériorité dans le jeu d’ensemble (combination), sans lequel aucune équipe, fût-elle composée de joueurs, jouant fort bien individuellement, ne saurait arriver à de bons résultats.
« Le passement des demis et des trois-quarts anglais a beaucoup troublé les joueurs français, qui séparément ont fait de très jolies courses, mais qui ont toujours gardé le ballon obstinément, se refusant de le passer à leurs co-équipiers.
« Dans les mêlées, les Anglais ont montré une supériorité suffisante pour empêcher les Français de s’emparer du ballon.
« Les Français arrêtent on ne peut mieux et jouent individuellement très bien dans les mêlées.
« Leur principal défaut, lorsqu’ils dégagent leur camp avec le pied est de frapper trop fort le ballon ; il leur est ainsi impossible de le conduire et ils le donnent à leurs adversaires.
« A plusieurs reprises les Stadistes ont été sur le point de faire un essai ; mais la sûre défense de l’arrière anglais les en a empêchés.
« En conduisant le ballon avec le pied, l’intérêt des Français eût été de l’envoyer plus souvent en touche, cela permet de respirer et fait gagner du terrain.
« De part et d’autre le match a été joué avec beaucoup de courtoisie.
« On est redevable d’une bonne partie du succès de cette réunion, aux organisateurs du Stade Français qui ont su aussi former en quelques mois un excellent « team ».
« Je suis certain que l’équipe du S.F. progressera rapidement avec l’expérience du jeu. »

L’OPINION DES ÉQUIPIERS ANGLAIS

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B.E. Figgis

M. James, ancien capitaine du Rosslyn, et qui pratique le jeu depuis quinze ans, nous trouve les mêmes défauts que M. Figgis, il estime que nous avons un très bon jeu individuel, mais pas du tout d’ensemble.
« Le meilleur moyen de se perfectionner pour une équipe, nous dit-il, c’est de jouer contre plus fort qu’elle ; le Stade Français tirera plus de profit de ce match international que de tout un mois de pratique. »
Et comme nous lui demandons si un bon joueur de foot-ball doit s’astreindre à un régime.
« La seule chose qu’il faut éviter, c’est de fumer ; quant à la nourriture, il est inutile de changer ses habitudes. »
M. L. W. Badnall a été surpris de la résistance du début ; notre manière de jouer, totalement différente de la leur a d’abord étonné les Anglais au commencement de la partie.
M. Hoyle trouve notre jeu très audacieux ; nous ne passons pas suffisamment et quand nous passons, nous passons trop haut, ce qui permet à l’adversaire de voir ou le ballon est jeté.
Il estime que les stadistes se sont fort bien défendus ; surtout si l’on tient compte de l’expérience de l’équipe du Rosslyn.
M. Jackson est étonné que nous ayions si bien résisté à une équipe d’une stone et demie plus lourde que la nôtre.

CE QUE PENSE DE NOTRE JEU UN SPECTATEUR QUI S’Y CONNAIT
Enfin, nous recevons la lettre suivante :
Paris, 19 avril 1892.
A Monsieur le Rédacteur de la Revue des Sports.
Monsieur,
Spectateur de la partie de rugby foot-ball qui a eu lieu hier entre le Stade Français et le Rosslyn Park-Club, je me permets de vous adresser mes impressions, lesquelles, j’ose croire, ont quelque valeur, attendu que j’ai joué ce jeu pendant quelques années en Angleterre.
D’abord, comme amateur du vrai sport, j’aurais voulu voir une partie plus égale.
Que l’équipe anglaise fût bien supérieure, cela va sans dire, mais même avec tout cela ce n’est pas sa supériorité seule qui lui a valu une victoire facile, autant que le mauvais jeu de l’équipe française.
Notez bien, monsieur, que je ne cherche pas à dire du mal de l’équipe française ; elle a joué avec un entrain superbe le jeu qu’on lui a appris, mais il est certain que dans le Rugby une équipe qui ne connaît pas le jeu de passe est perdue d’avance ; c’est la passe qui est la tactique même du jeu.
La plupart des spectateurs français étaient émerveillés de cette passe jouée par l’équipe anglaise ; elle était cependant loin d’être bonne ; cela tenait d’abord à ce que l’équipe n’était pas en grande forme de match (la saison étant finie depuis quelque temps en Angleterre) ensuite et surtout à l’état graisseux (le mot est-il français) du terrain qui rendait le ballon insaisissable à la main, en un mot il devenait ce qu’on appelle en anglais « greasy ball ».
Sur un terrain sec, j’ai vu des passes autrement jouées qu’hier.
Enfin le résultat du match sera pour les équipes françaises une leçon qui n’est pas à dédaigner ; il leur a fait voir qu’une équipe doit être homogène, les hommes se suivant bien, étant toujours prêts à renforcer un camarade et, sachant comment, par instinct, retrouver leur place.
Du côté moral le fait que deux nations amies se trouvent en lutte courtoise est très satisfaisant et j’espère de tout cœur que le match d’hier sera le prélude de bien d’autres et que les vaincus pourront un jour prendre une revanche amicale. En tout cas comme dit tout véritable sportsman anglais : May the best men win.
Agréez, etc. WINDSOR.

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La Revue des sports - 23-04-1892
p. 290

M. Windsor porte un jugement un peu sévère sur l’équipe française.
Il cherche, ses défauts, il les trouve sans peine, mais il ne les excuse pas.
Nous ne saurions avoir la prétention de jouer après deux années de foot-ball aussi bien que des hommes connaissant toutes les finesses du Rugby grâce à une pratique de dix années et même davantage.
Le plus jeune des équipiers du R. P. a plus de vingt ans, l’aîné en a trente-trois.
Au S.F. treize équipiers sur quinze ont moins de vingt ans ; deux pratiquent le, jeu depuis plus de deux ans ; quelques-uns n’avaient jamais joué au foot-ball avant l’automne dernier.

RÉFLEXIONS
Si l’équipe du S.F. a été battu si facilement, la faute n’en est pas à ceux qui lui ont appris le jeu, comme l’écrit le signataire de la lettre, mais bien à son manque d’expérience. Et d’abord, une première chose à noter : sur ce terrain glissant, pas un des trois quarts du Stade n’avait de barres à ses souliers, de là des culbutes sans fin, des chutes aussi imprévues que désorganisantes. S’il est une ligne qui a besoin de stabilité, d’assurance en même temps que de vitesse, c’est celle des trois-quarts ; or, je vous le demande, sur un terrain aussi peu sûr, où nos trois-quarts pouvaient-ils trouver ces trois qualités, alors que les barres les mieux comprises ne sauvegardaient pas toujours des faux pas. Outre ce détail matériel qui a bien en son importance, le jeu lui-même des trois-quarts anglais était naturellement bien supérieur. Chez nous, les trois-quarts font presque fonction d’arrière, chez les Anglais ils font presque fonction d’avants. Ils soutiennent ceux-ci, ils attaquent.
Si à partir de la mi-temps le Rosslyn a pris un avantage marqué, ce n’est point à un découragement ou à une fatigue des Stadistes qu’il faut l’imputer ; de découragement il n’y en a jamais eu, et nous serions tentés de dire que la fatigue était plutôt du côté des Anglais.
Mais voici ce qui s’est passé : les trois-quarts du Rosslyn qui, par prudence, avaient durant la première partie du match pris dans la lutte une part défensive, ont attaqué dans la seconde partie, et ils ont attaqué si bien qu’à chaque mêlée, alors que tous les avants du Stade résistaient aux-avants ennemis, le ballon aussitôt sorti et pris par un demi anglais était passé aux trois-quarts qui, en un clin d’œil, avant que la mêlée ne fut encore dissoute, commençaient une série de passes. Nos trois-quarts, toujours bien trop en arrière, ne réussissaient pas toujours à les arrêter, et si Dorlet ne les avait beaucoup suppléés dans cette partie de leur tâche, les essais du Rosslyn eussent été encore bien plus nombreux. C’est si bien cet appoint donné à l’attaque par les trois-quarts anglais qui a déterminé la victoire que tous les points, sauf un, ont été faits justement par les demis ou les trois-quarts dans les passes si rapidement organisées au sortir de la mêlée.
Ce n’est pas que les trois quarts du Stade n’aient pas travaillé, au contraire, mais ils ont travaillé un peu à faux.

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La Revue des sports - 23-04-1892
p. 291

Quant aux avants français, ils ont été généralement bons, sauf pour les passes qu’ils ignorent complètement, ils ont joué, non-seulement avec ardeur, mais avec bonheur.
Quoique beaucoup moins expérimentés que leurs adversaires, ils ont bien résisté dans les mêlées ; ils n’ont pas fait mentir non plus leur réputation de bons plaqueurs.
Malheureusement, ils ont manqué de sang-froid et ont eu de malencontreux coups de pied, beaucoup trop longs.
En somme ils ont surtout droit à des éloges, d’autant que soutenus de trop loin par leurs trois quarts ils avaient à lutter pour ainsi dire contre quatorze avants ennemis.
Parmi les anglais il serait difficile de citer des noms et de faire des compliments individuels.
C’est l’ensemble chez eux qui fait tout et l’absence de tout jeu individuel, rend bien difficile l’éclat particulier. Après avoir admiré tout le monde en bloc on peut cependant féliciter l’arrière dont les coups de pied sont superbes, et les trois-quarts dont le jeu si profondément ignoré chez nous n’en est que plus brillant ; parmi eux une mention toute spéciale à Howard.
En résumé, bonne journée pour l’un et l’autre clubs, bonne journée pour le foot-ball français qui a pris là une bonne leçon dont nous lui demandons de se souvenir et de profiter.


LE PREMIER MATCH INTERNATIONAL DE FOOT-BALL
En donnant notre impression sur le Championnat interclubs de foot-ball, nous souhaitions, sans oser l’espérer, une rencontre internationale, non pas que nous ayions cru un instant à une victoire possible de l’équipe française, mais parce qu’au point de vue sportif, il était du plus haut intérêt de voir ce que nos joueurs, si inexpérimentés qu’ils fussent, étaient capables de faire contre un team de l’importance de celui du Rosslyn Park F.C.
Bien que la victoire du Rosslyn ait été écrasante, bien que nous ayions été battus d’un bout à l’autre de la partie, nous ne sommes pas fâchés d’avoir tenté l’expérience ; battus mais contents, les équipiers français sauront tirer profit d’une leçon un peu rude peut-être, mais qui ne tardera pas à porter ses fruits.
Le Team anglais à Paris
C’est dimanche matin à 9 heures que les équipiers du Rosslyn débarquaient à Paris. Ils étaient reçus sur le quai de la gare St-Lazare par M. Heywood, président du S.F. et G. de Saint-Clair, ancien président de l’Union, et conduits à l’Hôtel Continental où ils ont habité pendant leur court séjour à Paris.
L’après-midi un mail les menait aux courses d’Auteuil auxquelles ils se sont beaucoup intéressés.
Une longue promenade dans la capitale, que la plupart voyaient pour la première fois, remplissait leur matinée du lundi.
Avant le Match

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The Graphic - 30-04-1892

Le match était annoncé pour trois heures ; longtemps avant l’heure fixée les équipiers du Stade Français sont déjà sur le terrain du Coursing-Club de Fiance ; les équipiers du Rosslyn n’arrivent guère avant deux heures et demie ; à trois heures, l’ambassadeur d’Angleterre, lord Dufferin président d’honneur de la réunion fait son entrée accompagné de lady Dufferin, de M. Austin Lee, son secrétaire et de tous les principaux membres de l’ambassade anglaise.
L’ambassadeur anglais et lady Dufferin sont conduits par M. Heywood à la tribune réservée, pendant que la musique militaire du 36e régiment de ligne exécute le « God Save The Queen ».
A côté de lord Dufferin prennent place MM. le vicomte de Janzé, président de l’Union, baron Pierre de Coubertin, C. Heywood, J. Marcadet, James Martin, comte Jacques de Pourtalès, L. H. Sandford, Mallet, Morel, inspecteur général de l’instruction publique, Ch. Gidel proviseur du lycée Louis-le-Grand.
Les coquettes tribunes du Coursing Club s’emplissent bientôt de monde, pendant qu’une partie du public envahit le terrain du foot-ball et vient se placer face aux tribunes sur toute la longueur de la ligne de touche.
Le match avant la mi-temps
A trois heures et demie, les équipiers du Rosslyn suivis de ceux du Stade pénètrent sur le terrain du jeu ; les joueurs anglais vêtus d’un léger maillot cerclé rouge et blanc paraissent beaucoup plus âgés et plus en poids que les équipiers du S.F. ; les joueurs français en jersey bleu foncé semblent d’une force bien moindre ; l’on remarque que les Stadistes jouent jambes nues, et ne portent pas de barrettes sous leurs chaussures, chose indispensable sur un terrain humide et. par suite glissant.

Aucun changement n’est apporté dans l’équipe du R.P., qui est ainsi composée :
Arrière : B. P. Stedall ; trois-quarts : E. Ashworth, C. W. Badnall, J. S. Howard ; demis : R. F. Chaldecott, J. B. Jackson ; avants : E. Adamson, R. Harding, J. H. Urwick, J. C. Chapman, E. Evershed, E. Figgis, H. S. Jeaffreson, E. W. James, J. C. Hoyle.
Capitaine : E. Figgis.

L’équipe du Stade est la suivante :
Arrière : Venot ; trois-quarts : Oudot, Munier, Ellemberger ; demis : Amand, Schlesinger ; avants : Dorlet, Garcet, Puaux, Masson, St-Chaffray, L. Dedet, de Joannis, P. Dedet, Herbet.
Capitaine : Herbet.

L’arbitre est M. G. de St-Clair.
Les arbitres de touches : MM. Anderson (Scotland) et Braddon (Stade Français et Harlequins).

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La Revue des sports - 23-04-1892

C’est sous une abondante chute de neige accompagnée de coups de tonnerre que commence la partie.
Le Rosslyn Park donne le coup d’envoi ; il le donne peu long à dessein, de sorte que ses avants chargeant avec vitesse, arrivent en même temps que le ballon et font irruption clans les 22 mètres du Stade.
Le Rosslyn forme aussitôt sa première mêlée, mêlée formidable d’ensemble et de disposition. Les stadistes, étonnés sont enfoncés. Le Rosslyn avance conduisant le ballon dans un « rush » irrésistible. Mais le Stade défend en désespéré sa ligne de but ; les avants se resserrent s’emparent du ballon et font reculer la ligne ennemie.
Le Rosslyn essaie de prendre le ballon et de pénétrer dans le camp du Stade ; ses équipiers sont renversés tour à tour ; malgré quelques passes dangereuses, sa ligne recule. Quelques coups de pied finissent de dégager le camp du Stade.
Le Rosslyn revient alors à sa première tactique ; ses avants font une charge formidable, et regagnent le terrain perdu, entraînant même le ballon jusque dans la ligne de but du stade, où un stadiste le touche le premier.
Le vingt-deux mètres qui suit, dégage un peu le camp français, le ballon reste longtemps à 30 mètres environ des .buts du stade ; un côté est un peu dégarni ; au sortie d’une mêlée, où le stade commence à fort bien résister, le ballon vole de main en main jusqu’au trois-quarts anglais.
Howard, qui profite de l’espace libre devant lui autant que des glissades des 3/4 ennemis, fait un essai bien placé. Le but est cependant manqué.
Après les vingt-deux mètres, le stade semble prendre un léger avantage ; il maintient assez longtemps le ballon vers le centre du terrain ; Amand esquisse même une, belle course ; l’ardeur est extrême.
Malheureusement, quoique résistant très, bien dans les mêlées, les avants stadistes ne peuvent s’emparer du ballon.
Il sort à la guise du Rosslyn, qui surprennent par des passes rapides, les trois-quarts du Stade ; le Stade est forcé de reculer.
Quelques secondes avant la mi-temps le Rosslyn obtient encore un tenu dans la ligne de but.
Le Rosslyn-Park a donc à la mi-temps deux points contre rien aux stadistes, mais, en somme, la défense a été très belle et les applaudissements ne sont pas épargnés aux champions du Stade.
Le match après la mi-temps
Après la mi-temps, les Anglais ont le vent pour eux, c’est un avantage nouveau qui va être pour beaucoup dans la défaite du Stade. En effet les coups de pied français ont été peu à craindre pour le Rosslyn dans la première moitié du match ; ils étaient bien trop inexpérimentés. Stedall, au contraire, l’arrière du Rosslyn a un coup de pied superbe ; toutes les fois que le ballon lui arrive, il le renvoie sans effort avec l’aide du vent jusque vers la ligne de but du Stade « dont les avants perdent ainsi en un instant tout le terrain gagné par un travail acharné. Dès le coup d’envoi, il en est ainsi ; les avants du Stade ont beau charger à toute vitesse, ils arrivent juste à temps pour voir passer le ballon au-dessus d’eux, leurs trois-quarts laissent aux avants du Rosslyn tout le loisir d’arriver et beaucoup de terrain est ainsi perdu. Une série de mêlées s’engage aussitôt dans les 22 mètres français, mais là le Stade tient bon ; les trois-quarts, forcés de soutenir les avants plus qu’ils n’ont l’habitude de le faire, jouent mieux. Le Rosslyn Park voyant que ses formidables « dribblings » commencent à être arrêtés, change fort habilement son jeu. Les passes deviennent plus nombreuses et plus rapides ; les trois-quarts sont plus souvent en jeu et par leur science supérieure déroutent les trois-quarts français qui ne soutiennent pas assez leurs avants. Successivement, Howard et Chaldecott font chacun un essai ; le second seul est transformé en but.

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L’Illustration - 23-04-1892

A chaque vingt-deux mètres le ballon livré à Stedall, est ramené directement dans les buts du Stade.
Lorsque, après des prodiges de valeur ils ont fait traverser au ballon la ligne ennemie, les avants du Stade, par de grands coups de pied livrent gauchement le ballon à Stedall qui a bientôt fait de le rapprocher des lignes stadistes.
Avec un peu plus de sang-froid, bien des fois l’équipe française aurait réussi à mettre en danger le camp anglais, incontestablement très dégarni et peu défendu.
A remarquer toutefois dans cette partie du match quelques passes entre P. Dedet, Herbet, Garcet, une belle course d’Ellemberger, qui n’était pas à l’aise sur le terrain glissant.
Enfin à signaler les bons arrêts de presque tous les équipiers.
Les avants du Stade heureux de voir leurs adversaires prendre un peu plus souvent le ballon déploient alors toutes leurs qualités d’arrêt : à ce moment Badvall, s’empare du ballon et fait un superbe drop goal, qui soulève les applaudissements unanimes.
Loin de perdre courage, les avants du Stade profitent du coup d’envoi qu’ils ont à donner et par une charge rapide, empêchent même Stedall de donner son coup de pied. Le camp anglais paraît fort en danger ; l’ensemble formidable de ses équipiers le sauve encore ; le ballon revient vers les trois-quarts du Stade, qui avec une maladresse remarquable le manquent, .ce qui permet à leurs adversaires d’arriver sur eux. Malgré une charge d’Oudot, qui glisse à chaque pas, le camp ne se dégage pas et sur une touche tout contre la ligne de but, Jeaffreson fait un essai transformé en but.
Les Stadistes reprennent encore avec vigueur et sont même très dangereux. Amand fait aux applaudissements frénétiques de l’assistance une course admirable. Traversant toutes les lignes anglaises, il arrive jusqu’à l’arrière qui l’arrête tout juste à temps. Quoique amené bien près de la ligne de but du R. P. grâce à cette belle course et malgré un bon effort des stadistes, le ballon revient encore dans les vingt-deux mètres du Stade où dans une lutte désespérée il reste jusqu’à la fin. Au dernier moment Jackson tait exactement sur la ligne de but un dernier essai.
L’arbitre, M. de Saint-Clair, arrête alors la partie ; la victoire est acquise au Rosslyn Park F.C. par 12 points contre rien au Stade Français.
Après le match
Aussitôt après le match, les deux capitaines d’équipe sont présentés à Lord et Lady Dufferin.
Après quelques mots aimables adressés aux deux capitaines, Lady Dufferin remet à M. Figgis la coupe de l’Union et la palme de vermeil, don de la Revue des Sports à l’équipe gagnante.
La musique militaire exécute alternativement le God save the queen et la Marseillaise, et aux chants de l’équipe anglaise répondent bientôt ceux de l’air national français.
Le dîner d’adieux

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Grand Hôtel Terminus
Inauguré pour l’Exposition de 1889.
Aujourd’hui Hilton Paris Opéra.

Le soir un dîner d’adieu de cinquante couverts réunissait vainqueurs et vaincus au Terminus Hôtel.
Le dîner était présidé par M. de Coubertin ; en outre des équipiers des deux clubs, nous avons remarqué : MM. C. Heywood, G. de Saint-Clair, Anderson, Braddon, Marcadet, J. Martin, Perrière, Raymond, Lejeune, Moitessier, de Pallissaux, Ginger, Faure-Dujarric, Chastanié, etc.
Au dessert, M. le baron de Coubertin portait un toast a la Reine d’Angleterre et au Président de la République française.
M. Heywood, remerciait le capitaine du R. P., d’avoir contribué pour une si grande part à la première rencontre internationale prélude de beaucoup d’autres.
M. Figgis se levant alors remerciait à son tour les Français de leur hospitalité :
« Nous ne sommes restés que quelques heures à Paris, dit-il, mais ces quelques heures nous les avons passées d’une manière bien agréable. »
Jackson (interrompant) :
« Excepté pendant le match lorsqu’il neigeait....
« Nous ne saurions trop remercier les membres du Stade de la bonne camaraderie qu’ils ont montrée à notre égard ; ce match, dont nous sommes sortis vainqueurs, nous l’avons gagné sur une équipe très forte et qui a tous les éléments voulus pour devenir très bonne ; ce qu’il manque au team du Stade ; c’est la science du jeu ; cette science il l’acquerra avant longtemps, nous en sommes sûrs.
« Buvons, Messieurs, à la santé du Stade français et de son président. »
Et les verres s’entrechoquant, les équipiers anglais chantent, sur l’air de Malborough :
For he’s a jolly good fellow
For he’s a jolly good fellow
So say all of us
And a hip, hip, hip, hurrah !

Mais le moment du départ approche ; il est huit heures et demie ; et à 9h.45 part le train qui doit emmener les vainqueurs....... Aux adieux des Français réponde les « Good bye » britanniques ; en voilà pour un an, car le Rosslyn s’est bien promis de donner une revanche à ses vaincus, quand ceux-ci auront su tirer profit des quelques conseils qu’ils ont pu recueillir.

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Palmes de vermeil de 1892
Ce trophée commémoratif, commandé à Popineau Fils de Paris, a été remis par Lady Dufferin, épouse de l’ambassadeur britannique, au capitaine du Parc E. Figgis, et est exposé à Rosslyn Park. La belle et délicate sculpture en argent recouvert d’or représente une branche symbolique avec des feuilles de laurier entrelacées avec des feuilles de chêne anglais. Un médaillon porte la date du 18 avril 1892.

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L’illustration - 23 avril 1892

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L’Illustration - avril 1892

UN MATCH DE FOOT-BALL
Le foot-ball ?... Oh ! rien de plus simple, et de plus aisé, en paroles. Il s’agit de porter ou d’envoyer un ballon dans le camp adverse, en évitant qu’il soit déposé de votre côté. Seulement, comme quinze gaillards, admirablement découplés, bien entraînés, tenus en main par leur capitaine, tentent l’incursion, tandis que quinze autres jeunes gens tout aussi solidement armés pour la lutte résisteront et attaqueront à leur tour, il s’ensuit un des jeux les plus difficiles et les plus passionnants qui soit.
D’importation anglaise, bien entendu, ce jeu qu’ont pratiqué nos Normands, nos Bretons et nos Berrichons. Il n’y a pas, du reste, à disserter là-dessus, le foot-ball qui nous est revenu - si nous tenons à revendiquer ce violent exercice du corps - n’a que des rapports lointains avec les sauvages assauts d’antan. C’est aujourd’hui un sport, brutal certes, mais d’une régularité parfaite.
Lundi, Paris a eu, pour les initiés, un grand honneur. Une équipe anglaise a daigné passer le détroit pour venir, sous les auspices de Lord Dufferin en personne, donner une maitresse leçon à l’une des meilleures équipes que nous puissions mettre en ligne. Le résultat se balance d’un trait. Les Anglais ont eu tous les points ; les nôtres rien - et ils n’en sont pas moins satisfaits. La façon dont ils se sont fait battre plaide en leur honneur.
Pour quiconque suit une partie de foot-ball, tout va bien jusqu’aux premiers engagements. On comprend tout de suite l’agencement des camps figurés sur un rectangle long de 100 mètres, large de 70 - mesures extrêmes - terminé à chaque bout par un but composé de piquets de bois fichés en terre à 5 m. 50 l’un de l’autre, reliés par un cordeau à 3 mètres du sol.

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Les quinze joueurs s’échelonnent dans les deux camps, de manière à couvrir utilement le terrain. En éclaireurs, pareils aux pions de l’échiquier, les dix avants : derrière eux , les deux demi-arrières ; plus éloignés encore du centre, les trois-quarts ; au but même les deux arrières. Des deux longs cotés la ligne d’encadrement s’appelle ligne de touche ; le ballon qui en sort doit être remis en jeu. Des petits drapeaux l’indiquent.
Les deux équipes ont un costume différent, chacune aux couleurs de leur club. Lundi, les joueurs représentés par nos gravures étaient habillés ainsi : Anglais, jersey rouge et blanc, culotte grise ou bleue ; Français, jersey bleu foncé, culotte blanche.
Chaque camp a un capitaine : dans les matchs les équipes désignent chacune un arbitre. Le capitaine a la haute direction de ses compagnons, lui seul a droit de parler au nom de l’équipe, d’élever des réclamations, de discuter un coup, d’en appeler aux arbitres. Pour les autres le silence est de règle. On conçoit que si trente jeunes gens excités par le feu se mettaient subitement à se chamailler pour une des mille fautes qui peuvent se commettre, la partie se passerait exclusivement en discussion. Donc, obéissance au capitaine. Autre qualité indispensable : abnégation complète de soi-même ; on joue pour son camp et non dans l’espoir, vain la plupart du temps, de briller personnellement.
Ces dispositions prises, la partie commence.

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L’Illustration - avril 1892

Le ballon est mis exactement au milieu du terrain ; un joueur l’envoie d’un vigoureux coup de pied - dit coup de pied placé - dans la direction du camp ennemi. Aussi haut l’envoie-t-il, que plus il donne à ses compagnons de temps pour se rapprocher des lignes adverses. Mais les avants de l’autre côté se sont précipités à leur tour, la bataille est engagée ; elle se déroule, entourée de péripéties émouvantes où le joueur se donne tout entier pour tâcher de conserver le meilleur.
Des jarrets d’acier lui permettent de courir sans arrêter une minute pendant deux reprises de près d’une heure chaque ; un torse large lui fournit une respiration comparable à celle d’un soufflet de forge, des reins puissants lui sont aussi utiles. S’il faut de l’énergie physique, la tête est non moins nécessaire pour ce jeu de tactique rempli de feintes, d’à-coups, de surprises, d’élans subits.
Le ballon est lancé comme je l’ai dit, les deux équipes vont se le disputer, se le renvoyer, soit par un coup de pied franc, donné à terre, soit par un coup de pied tombé, en laissant choir le ballon et en le frappant au premier bond, soit encore par un coup de volée.
Le ballon est rattrapé. Un joueur se sauve à toutes jambes, il se sent menacé, alors il a recours à la tactique qui a justement fait réussir les membres du Rosslyn Park contre le Stade français, il procède à la passe du ballon. Si son équipe est bien dirigée et bien disciplinée, il aura infailliblement à ses côtés, un peu en arrière de lui, un compagnon prêt à recevoir le ballon qu’il lui envoie en le faisant passer par-dessus ses adversaires... à moins qu’un de ceux-ci ne s’en empare à son tour.
La partie, composée de deux reprises de quarante minutes, est coupée par la mi-temps. Les joueurs emploient ce repos à reprendre leur respiration, et pour ce, s’étalent sur le dos, à même la pelouse, quand le temps le permet.
Puis on reprend, et les mêmes efforts recommencent, durant lesquels la machine humaine ne reste pas un instant inactive. Je ne m’étendrai pas sur toutes les phases d’un de ces matches qui passionnent les amateurs de foot-ball ; chaque camp obtient généralement un certain nombre de points, soit par des essais - quand le ballon est porté derrière la ligne de but adverse - soit par des buts, soit par des essais transformés en but ; points qui sont totalisés.
Ce que j’ai voulu essayer d’expliquer, et ce que nos dessins expriment clairement, c’est l’animation extraordinaire de ce jeu qui a toutes les allures d’un véritable combat et ne va pas sans quelques horions. De temps en temps un blessé, dont le nez se sera trouvé trop près du ballon ou d’un coude, éprouve le besoin de se retirer. C’est un jeu rude, très rude, un jeu d’athlètes et non d’enfants. Très propre à pousser au mépris de la douleur, à apprendre à recevoir force coups sans y faire attention. Mais ceux qui s’y adonnent y apportent une telle passion, y prennent un plaisir si vif, que nous n’avons ni à nous plaindre ni à les plaindre !
Edmond Renoir.

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Rosslyn Park FC
Photo parue dans « Illustrated Sporting and Dramatic News »
du 17 déc. 1892

rugby_pioneers.com

Merci à F. Humbert de rugby-pioneers.blogs.com/ d’où sont extraites certaines images originales de cet article (Creative Commons license).

[1à priori, une passe sautée...

[2Pour les français, il y a « tenu en but » valant 1 point quand un adversaire est plaqué dans son en-but quelque soit celui qui aplatit le ballon. Pour les anglais, c’est soit un essai, soit un renvoi au 22. De plus, les anglais compte l’essai 2pt, la transformation 5, le drop 4, la pénalité 3. Pour ce match, le décompte français est l’essai 1pt, la transformation 2pt, tenu en but 1pt, drop 2 pt.





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