Camille, une joueuse très internationale qui a fait ses classes à Lagny-sur-Marne

dimanche 24 février 2019 par Henri Prieur

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Quel beau parcours que celui de notre chère Camille ! Si la passion du rugby devait avoir un prénom féminin, on pourrait lui donner le prénom de Camille !
Il y a 10 ans, Camille jouait à l’AS Lagny Rugby avec nos minimes. Et au milieu des garçons, elle savait démontrer ses talents rugbystiques, elle y avait largement sa place !
La suite de sa carrière l’a conduit, entre autres, à jouer au Stade Français dont Camille était une grande fan. L’article, dont vous trouverez le lien ci-dessous, retrace son parcours qui passe par l’équipe nationale suisse pour arriver dans une équipe professionnelle du championnat australien à XV et ce, malgré ses blessures !
Une passionnée attachante, merci Camille et bonne réussite pour cette saison aux antipodes !!!

Camille Chamodon, une Suissesse dans le Super W

de Laurent Favre
Publié vendredi 22 février 2019.

L’Australie lance le 24 février la deuxième saison de son championnat féminin à XV, une discipline en plein essor. Une internationale suisse est de l’aventure, au sein des Melbourne Rebels.

Il fait déjà chaud, ce samedi matin sur Fitzroy Street, malgré l’ombre odorante des eucalyptus. C’est Australia Day et la Melbourne bobo avale ses avocado toasts arrosés de smoothies. Pour Camille Chamodon, 24 ans, la journée est déjà bien entamée : elle s’est entraînée avec son équipe des Melbourne Rebels et surtout a signé son contrat avec le Super W. Née en 1994 à Zurich d’une mère lucernoise et d’un père lyonnais, elle est la seule Européenne engagée dans ce championnat australien féminin de rugby à XV. Qu’elle soit Suissesse rend l’histoire encore plus improbable.
Le rugby, Camille Chamodon le découvre lorsqu’elle déménage en région parisienne avec ses parents. D’abord au sein d’équipes mixtes puis, à partir de 15 ans, avec les cadettes du RCP15. Elle est rapide, habile, perforante et se fait rapidement remarquer. En 2011, elle signe dans la nouvelle équipe féminine du Stade Français. En 2012, elle est retenue en sélection d’Ile-de-France de rugby à 7. En 2013, elle arrête, à 19 ans. « J’ai eu quatre traumas crâniens. » Arrière ou trois-quarts, elle n’est pourtant pas au cœur du combat d’avants. « Je les ai tous eus à partir de 15 ans. Lorsque le rugby n’est plus mixte, explique-t-elle, on se retrouve à jouer avec des filles qui débutent, qui n’ont pas la technique mais qui veulent quand même vous stopper et qui font des fautes souvent dangereuses. »

Au royaume du « Footy »

Au repos forcé, cette jeune femme très active se cherche d’autres buts. Elle étudie le journalisme, rêve d’une expérience à l’étranger, vient une première fois en Australie. « J’ai toujours eu envie de vivre quelques mois dans un pays anglophone. Quand mon copain a été envoyé ici l’an dernier pour son travail, je l’ai suivi. » Pas du genre à ne rien faire, elle se cherche un job puis, rapidement, un sport. Pendant les six premiers mois de son séjour, elle joue au rugby à XIII (jusqu’à intégrer l’équipe de l’Etat de Victoria), au « touch rugby » (jeu sans contact) et trouve le temps chaque mercredi d’aller « à la salle ».
Malgré David Campese, Quade Cooper et deux titres de championne du monde (1991 et 1999), l’Australie n’est pas forcément une terre de rugby. « Je le croyais en arrivant mais en fait, il y a plus de clubs de rugby en Seine-et-Marne que dans l’Etat de Victoria, s’étonne-t-elle. Ici, c’est le royaume du « Footy », le football australien. Il y a 9 équipes de l’AFL [sur 18] rien qu’à Melbourne. Le Rugby League, le jeu à XIII, passe aussi avant le Rugby Union, le rugby à XV. Et comme partout ailleurs, le soccer se développe à grande vitesse… »
Mais le sport féminin aussi. Et en 2018, Rugby Australia a lancé une ligue féminine, le Super W. La première saison n’a réuni que cinq équipes mais bénéficié d’un bel intérêt médiatique et provoqué une hausse de 20% des inscriptions dans les clubs. « Une amie a vu cet automne sur Facebook que les Melbourne Rebels recherchaient des joueuses pour la nouvelle saison », se souvient-elle. Avec le feu vert de son traumatologue, elle tente sa chance et s’inscrit aux tryouts (tests). « Cela a duré un mois, quatre fois par semaine. Nous étions 97 au début, puis 39, puis 30. J’ai appris le 10 janvier que j’étais retenue dans le final squad. »

Au service bénévole de la Fédération

La saison démarre le 24 février. Elle ne dure qu’un mois et demi, deux mois en cas de playoff, mais le rythme est assez intense. « Quatre entraînements, les soins, les longs déplacements, je suis au stade tous les jours. » Le 24 janvier, Camille Chamodon a signé son contrat, directement avec Rugby Australia. Le document, d’une douzaine de pages, détaille le comportement à avoir en public et sur les réseaux sociaux. « Pour pouvoir signer, il fallait suivre un module internet de deux heures sur le dopage, les blessures, le protocole commotion. Ils sont très soucieux de l’image du sport, du club et de la ligue, et nous pouvons être réquisitionnées pour des opérations de promotion. »
C’est du sérieux, mais à titre gracieux. Les joueuses du Super W ne sont pas payées, au contraire de leurs consœurs du XIII ou du rugby à 7, ce qui a fait polémique en Australie. « Le discours de la fédération, c’est de dire : pour le moment, nous n’avons pas les moyens. Même les coachs sont bénévoles. Mais tout le monde espère que ce ne sera que temporaire. » En attendant, Camille travaille à plein temps comme secrétaire dans une société de construction et met à profit sa formation de journaliste en collaborant au site internet des Rebels.
Le public australien, que l’on reconnaît grand connaisseur de sport mais aussi volontiers macho, peut-il s’intéresser à du rugby féminin ? « Pourquoi pas, estime la jeune femme. Certains matchs sont retransmis en direct. Le community manager de notre club met beaucoup les filles en avant. Pour lui, Melbourne est une ville de hipsters. Les gens vont voir l’équipe qui gagne, quel que soit le sport. »

Une sélection en équipe de Suisse

Dans les médias locaux, Camille Chamodon est décrite comme « the swiss international ». Ce qui est vrai : elle compte une sélection avec l’équipe de Suisse, en juin 2013 à Prague. Elle avait été convoquée par ouï-dire et retenue parmi 17 autres joueuses pour compléter la sélection sur la base d’un seul entraînement. « Comme le coach ne me connaissait pas, il m’a mise remplaçante. Je suis entrée en deuxième mi-temps et j’ai inscrit trois essais. »
Essais non transformés puisque ses problèmes de commotion survinrent juste après. « Je n’ai plus rejoué en équipe nationale, et cela me semble compliqué maintenant que je suis en Australie. Déjà que pour le match de Prague, les joueuses devaient participer aux frais… Mais j’ai beaucoup aimé l’ambiance. Ce n’était pas une équipe d’expat, ça parlait suisse-allemand dans le vestiaire, toutes étaient des passionnées. Il y a même une fille qui est partie vivre six mois aux Fidji juste pour y découvrir le rugby. Ce sport a vraiment du potentiel en Suisse. Les lutteurs, notamment, feraient de bons joueurs de rugby. »


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